La Fevia, la fédération de l’industrie alimentaire belge, a présenté sa nouvelle roadmap de durabilité pour les cinq années à venir. Cette feuille de route 2026-2030 s’inscrit dans la continuité de la précédente, lancée en 2021, dont la fédération a également dressé le bilan. Entre progrès tangibles, pression croissante sur la compétitivité et attentes renforcées en matière de durabilité, le secteur se dote à nouveau d’un cadre stratégique pour naviguer dans un environnement économique et réglementaire toujours plus exigeant.
Cinq ans de progrès dans un contexte de plus en plus tendu
La précédente roadmap avait pour ambition de répondre à une question centrale : « Que mangerons-nous demain ? » En rassemblant les entreprises autour de 15 thèmes et 32 objectifs couvrant la santé, l’environnement, la circularité, les conditions de travail ou encore la compétitivité, elle a servi de véritable boussole à l’industrie alimentaire.
Malgré la hausse des coûts, la multiplication des exigences réglementaires et une concurrence internationale accrue, la Fevia constate des avancées significatives. Parmi les résultats marquants des cinq dernières années :
Réduction de 28 % des émissions de CO₂ par tonne produite par rapport à 2005.
98 % des emballages ménagers sont désormais recyclables.
Baisse continue de la consommation d’eau par unité produite.
Renforcement de l’offre compatible avec une alimentation plus saine, notamment via le Nutri-Pact.
Investissements constants dans la sécurité et le bien-être au travail, avec davantage de conventions collectives dédiées au « travail faisable » et plus d’employés recourant au budget de carrière.
Au total, 75 % des objectifs de la roadmap 2021-2025 sont atteints ou bien engagés, signe que la démarche porte ses fruits.
Mais Fevia rappelle que le secteur évolue dans une réalité de plus en plus contraignante : perte de parts de marché de l’Europe occidentale au niveau mondial, afflux croissant de produits importés dans la grande distribution belge, pression sur les prix et augmentation des coûts salariaux, énergétiques et fiscaux. À cela s’ajoute la future « taxe sur les déchets sauvages », chiffrée à 102 millions d’euros, qui pourrait accentuer les achats transfrontaliers.
Pour Ann Wurman, CEO de Fevia, « la Belgique produit une alimentation synonyme de qualité, de durabilité et d’innovation, mais les entreprises ont besoin d’un terrain de jeu équitable. Seules des entreprises compétitives peuvent continuer à investir dans les initiatives durables. »
De nouvelles attentes du consommateur
Comme lors de la première édition, Fevia a confié à Why5Research une enquête afin de mieux comprendre l’évolution des comportements alimentaires. Trois tendances clés ressortent :
La qualité, le goût et le prix restent les critères déterminants. La durabilité n’arrive qu’en second plan, même si elle progresse.
Les consommateurs mangent plus consciemment : davantage de fruits, légumes et eau, moins de sucre.
La demande de transparence et d’informations fiables augmente, surtout chez les 18–34 ans, fortement influencés par les réseaux sociaux.
Le niveau de confiance dans l’industrie alimentaire s’améliore également : +4,5 % par rapport à 2021.
Une nouvelle roadmap 2026-2030, unique en Europe
Dans ce contexte, et dans la foulée du succès de la première Roadmap, la Fevia présente sa nouvelle feuille de route pour 2030. Cette deuxième roadmap sectorielle a été élaborée en dialogue avec les entreprises, les ONG, les académiques, les pouvoirs publics et les partenaires de la chaîne.
Elle comprend 21 objectifs, regroupés autour de quatre piliers :
Renforcer la confiance du consommateur : Qualité, sécurité alimentaire, information correcte, alimentation plus saine.
Accélérer la transition environnementale : Climat, énergie, eau, emballages, circularité, lutte contre les pertes alimentaires.
Construire des carrières durables et attractives : Bien-être au travail, formation, pénurie de talents, attractivité du secteur.
Créer de la valeur de manière responsable : Chaînes d’approvisionnement durables, compétitivité, ancrage local, collaboration dans la filière.
Appel aux pouvoirs publics : un cadre prévisible et un soutien réel
Si les entreprises montrent leur volonté d’avancer, la fédération insiste sur la nécessité d’un cadre politique clair, stable et cohérent. Elle formule quatre priorités :
Rendre la transition durable réalisable : harmonisation des règles, soutien à l’innovation et collaboration dans la chaîne.
Une véritable politique industrielle conciliant compétitivité et durabilité : baisse du handicap salarial et énergétique, réduction de la pression fiscale et administrative, relations commerciales équitables.
Renforcer le dialogue autour de l’alimentation et de la santé.
Investir dans les talents, en particulier techniques, et mieux aligner formation et besoins du marché.
Une industrie résiliante qui veut continuer à investir
Avec plus de 102 000 emplois, 82,9 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 39,6 milliards d’euros d’exportations, l’industrie alimentaire reste un pilier stratégique de l’économie belge. Mais la croissance ralentit et la pression concurrentielle s’intensifie.
Pour Fevia, cette nouvelle roadmap est essentielle pour donner un cap partagé et réaliste au secteur, accélérer la transition et maintenir la valeur ajoutée en Belgique.
My 20/CENT sur la Roadmap de la Fevia
Ce qu’il convient de souligner, c’est le caractère unique de la démarche. Il s’agit d’un secteur qui s’est engagé volontairement et qui renouvelle aujourd’hui cet engagement. La roadmap ne se limite pas à un simple livret de promesses édité par les industriels et la fédération : c’est un plan structuré, assorti d’objectifs précis, de KPI mesurables, d’actions concrètes et, surtout, de résultats tangibles (comme en témoignent ceux de la première roadmap).
Peu de secteurs industriels en Europe s’engagent de manière aussi volontaire et structurée. Et force est de constater que les résultats ont été au rendez-vous. C’est la démonstration concrète que durabilité et pérennité économique peuvent aller de pair.












