Carrefour Belgique et Coca-Cola Europacific Partners signent un partenariat durable
Alors quand on parle d’un partenariat durable, bien entendu on espère que ce soit à long terme pour les deux parties mais dans l’idée mentionnée dans le titre ce ce post, CCEP et Carrefour Belgique ont surtout officiellement signé un accord qui porte sur la durabilité. En effet, dernièrement uu Carrefour de Kraainem, j’ai assisté à la signature officielle d’un accord stratégique entre Carrefour Belgique et Coca-Cola Europacific Partners (CCEP). Au-delà de la symbolique, cette rencontre fut l’occasion de mesurer concrètement comment les ambitions climatiques se traduisent en actions tangibles, tant en magasin que dans la relation fournisseur-distributeur.
Un cadre clair : climat, santé, biodiversité et engagement
Chez Carrefour, la stratégie de durabilité repose sur quatre piliers : santé, climat, biodiversité et engagement. L’accord signé à Kraainem s’inscrit plus particulièrement dans le pilier climat, avec un focus sur la réduction des émissions indirectes — le fameux scope 3 — qui couvre notamment l’énergie, le transport et les déchets liés aux produits.
Comme l’ont rappelé les équipes sur place, avant d’exiger des efforts de leurs partenaires, Carrefour travaille d’abord sur ses propres opérations : réduction des consommations énergétiques, optimisation logistique, amélioration continue certifiée notamment par la norme ISO 50001, qui garantit une baisse structurelle de la consommation d’énergie année après année.
Comme bien énoncé par Pasccal Leglise de Carrefour : « Ce qui compte, c’est d’avancer. On ne dit pas que tout est rose. Mais chaque progrès dans le bon sens est un progrès utile. C’est le processus qu’il faut évaluer. »
Un partenariat qui dépasse le cadre commercial
Avec ce Sustainable Linked Business Plan (une première en Belgique pour Carrefour) la durabilité s’ancre désormais au cœur même de la relation commerciale.
L’objectif est clair : d’ici 2030, Carrefour vise une réduction de 29 % des émissions indirectes de ses produits par rapport à 2019. Après avoir sollicité dès 2023 ses 100 principaux fournisseurs pour s’aligner sur une trajectoire compatible avec un réchauffement limité à 1,5 °C, l’enseigne franchit une nouvelle étape en intégrant ces ambitions dans un plan d’affaires structuré et mesurable.
Pour CCEP, il s’agit de trouver le bon équilibre entre performance commerciale et performance environnementale. « Reduce, reuse, recycle » : les trois axes sont connus, mais ici, ils deviennent contractuels.
« On signe quelque chose qui va au-delà du contrat annuel, au-delà des négociations et de leurs joies et peines. Nous voulons avancer ensemble sur des programmes durables et de long terme. » selon Geoffroy Gersdorff de Carrefour.
Des actions concrètes sur les emballages
Plusieurs initiatives ont été détaillées :
· Bouteille en verre consignée de 1L : elle sera progressivement allégée afin de réduire son empreinte carbone lors de la production et du transport.
· Stimuler le réemploi : test d’un nouveau pack carton facilitant l’achat de six petites bouteilles en verre consignées, avec moins d’emballage et un poids réduit.
· Canettes : augmentation progressive du taux de matériaux recyclés dans l’aluminium. Les canettes représentent environ 30 % des volumes vendus par CCEP via Carrefour en Belgique.
À partir de 2027, augmentation également du taux de matière recyclée dans les bacs de retour pour les bouteilles consignées.
L’ancrage local est un autre levier clé : près de 85 % des produits Coca-Cola consommés en Belgique sont produits localement (Gand, Anvers, Chaudfontaine), ce qui limite les distances de transport. Pour les bouteilles en verre consignées, le cycle est 100 % belge, du remplissage au nettoyage, chaque bouteille pouvant être réemployée jusqu’à 25 fois.
En magasin : la durabilité incarnée
La visite du point de vente de Kraainem a permis d’illustrer concrètement ces engagements. Les équipes ont montré comment les projets liés au climat se traduisent dans l’assortiment et dans l’organisation du magasin.
Le programme des Producteurs Locaux, lancé en 2012, en est un exemple fort : plus de 1 000 producteurs partenaires, une logique de circuits courts (souvent sans passage par la plateforme centrale), une charte stricte sans négociation dérogatoire, et une volonté de mettre réellement le distributeur au service du producteur. Aujourd’hui, ces produits représentent environ 1 % de pénétration — un chiffre encore modeste, mais significatif à l’échelle nationale.
Même logique avec la Filière Qualité Carrefour (FQC), qui structure des filières plus durables dans différentes catégories (jus, pain, etc.), en travaillant sur la traçabilité, la qualité et la réduction de l’impact environnemental.
Enfin, les initiatives autour du vrac et de la réduction des emballages complètent le dispositif : moins d’emballage, c’est à la fois moins de coûts et un meilleur bilan carbone.
Une dynamique appelée à s’élargir
Cet accord belgo-belge s’inscrit dans un cadre plus large : le groupe Carrefour a signé un engagement similaire avec Coca-Cola au niveau mondial. Mais ici, la démarche est adaptée au contexte local, avec des actions monitorables et progressives.
D’autres fournisseurs seront amenés à rejoindre ce type de plan. Mais, comme cela a été souligné, ce type de collaboration ne se décide pas « sur le coin d’une table ». Elle doit être structurée, mesurable et inscrite dans le temps.
En filigrane, un message clair : la transition ne se joue pas uniquement dans les discours, mais dans la capacité des acteurs à intégrer la durabilité dans leurs modèles économiques et leurs relations commerciales.
À Kraainem, Carrefour et CCEP ont voulu démontrer qu’un partenariat commercial peut devenir un véritable levier de réduction climatique. Reste désormais à suivre, année après année, la traduction concrète de ces engagements sur le terrain, et dans les chiffres.



